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Fable céleste de Jean de la Fontaine.

 
 
 

Les perles de la vie

 

Perles du langage et du coquillage
Ont, un jour, reçu l’initiation du grand sage :
« Ensemble sur terre vous irez
Mais jamais ne vous rencontrerez. »


Ainsi l’érudit leur parla :
« L’amour vous bercera,
Une par les flots de l’océan
L’autre par les mots des enfants. »

- Si mon destin est d’être cachée,
Comment pourrai-je m’exprimer
Alors que dans la poésie,
Ma sœur ne fera que briller ?

- Ainsi te vois-tu, perle nacrée,
Seule et délaissée,
Alors que ta splendeur, ta rareté et ta lueur
Seront convoitées par tous les cœurs.

- Je suis bien aise de me savoir aimée et éclairée
Mais il est bien plus facile d’être connue et appréciée.
Quand ma sœur, par le mot, céleste deviendra,
Ma vie de cloitre me perdra. »

La perle des mots, qui jusqu’alors ne s’était exprimée,
Demanda à la sagesse :
« Pourquoi ne pas changer de nom, si nous sommes si différentes ?
- Par ce nom qui vous apparente,
Par votre grande noblesse,
Vous êtes sœurs des royaumes célestes.
Grandeur charme votre promesse.

Sœurs vous êtes dans le ciel,
Promises aux hommes et à leurs désirs,
Désirs de biens matériels,
Besoin d’amour et spirituel.
Ainsi toutes deux vous serez
Si semblables et pourtant séparées. »

Perle de culture
Se réjouit de son futur,
Perle des mots
Ne voit pas son cadeau.

« Maintenant, proclame la sagesse,
Il est temps d’accomplir vos promesses.
Rejoignez les hommes qui naissent sur la terre,
L’une dans l’esprit,
L’autre dans la matière.
Dans dix mille ans, vous me retrouverez
Et de vos quêtes, vous me parlerez. »

Perle du coquillage
rejoignit les rivages.

Perle des mots
Épousa le propos.
Et lorsque le sable du temps s’écoula
Le retour à la source se présenta.

La grande sagesse leur ouvrit le chemin
Et par respect, leur offrit leur destin.
De chaque vie sur terre nait une perle de rosée,
faite, en sorte de toute bonté.
« Qu’avez-vous appris ?
Qu’avez-vous aimé de cette vie ? »

Perle de coquillage
Perdit de son éclat sous le regard du sage.
« Par mon orgueil, je me suis perdue,
Offrant mon âme à la richesse sans vertu.
Je voyais en ce monde, cupidité,
Et je valsais dans cette ronde.
Mes espoirs de briller
Sont dans les eaux profondes. »

La sagesse, bonne souveraine,
lui remit sa couronne
Sous le regard étonné de sa sœur.
Perle des mots, à son tour devint reine
Car l’amour n’est point un leurre
Et toute vérité raisonne.

Perle du langage décrivit son voyage.
« Dans le monde des hommes,
j’ai reçu les présents,
Dans le verbe et le chant
J’ai dormi sous leur dôme,
Réveillant en moi-même
Ma lumière éternelle.
Aucune frontière ne me fût érigée.
Comme l’amour est éternel
Les mots du cœur se sont gravés. »

La sagesse, en son cœur,
Reçu les deux sœurs.
« Par votre expérience
Et par votre ignorance,
Vous avez reçu ma lumière.
Que ce soit par l’esprit
Ou la matière,
Votre âme s’enrichît.

Ne reniez jamais vos erreurs et vos souffrances
Car elles sont les perles de votre essence.

Jean De La Fontaine

 

Reçu en séance de ouija

le 31 janvier 2018 (les 7 premières strophes)

et le 18 avril 2018 (les 8 strophes suivantes)