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Postface de Francis BASSET

Il est des livres qui remettent "tout" en place, comme une ostéopathie de l'âme et de l'esprit. Celui-ci en est un. J'ai eu, comme beaucoup, besoin de faire le point au cours de ma vie, une manière de zoom arrière sur son long métrage.  Un peu à la manière d'un inspecteur un peu perdu au cours de son enquête et qui reprend les choses au départ, remettant les mobiles en balance et résumant les protagonistes avec les aspérités de leurs personnalités.

Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Quel est le "mobile" de l’existence ? Quelle a été la pulsion de la mienne ? Pourquoi vaut-elle, au bout du compte, la peine d'être vécue ? La réponse est peut-être, pour certains d'entre nous, dans les forêts, les lacs, les aurores boréales ou simplement dans le vent, comme le dit la chanson de Dylan. Mais cette poésie palpable de la nature n'est que la partie émergée des êtres et des choses. Ce livre a, non pas la prétention, mais la sagesse et l'humilité de lever le voile sur la partie immergée de l'iceberg cosmique.

Il renvoie à des évidences qui permettent de "lâcher prise". Le raisonnement, l'entêtement à vouloir tout expliquer, à vouloir que tout ait une logique, empêche ce lâcher prise qui permet de se mettre à disposition d'une ouverture spirituelle, d'une élévation salvatrice.

Dans mon métier de parolier de chansons durant presque quarante ans, combien de fois ai-je entendu : la musique est belle, les mots sont touchants, cette chanson va marcher. Et... non. Et c'est même des paroles beaucoup moins touchantes sur une musique ordinaire qui ont marché.

Pour la marche du monde on raisonne un peu de la même façon : tous les peuples peuvent s'entendre dans leur diversité. Il existe assez de ressources naturelles sur la planète pour que personne ne manque de quoi que ce soit et que chacun vive en paix dans sa culture et sur son territoire. Et puis non. Il suffit d'un individu, d'un Hitler ou d’un savant dont les recherches ont été récupérées à des fins morbides pour que tout soit bouleversé. Que les guerres et les famines s'installent alors que "sur le papier" l'harmonie de l'univers s'imposait. Ce qui nous empêche d'avancer et de nous ouvrir, c'est que nous sommes engoncés dans nos certitudes, nos religions, nos partis pris politiques. Et surtout nous nous échinons à vouloir trouver une justice parmi les hommes. Alors nous nous retrouvons tels des agonisants qui luttent contre une mort inéluctable. Alors que nous luttons, et ce livre nous le révèle, pour une vie inéluctable. La Vie. Celle de l'Esprit, de l'amour inconditionnel. Mais nos critères terrestres nous encombrent.

Les multiples visites des guides que l'auteur nous rapporte nous enseignent sur cette vie, sur cet au-delà d'amour, de compassion de partage et de désintéressement.

Pour reprendre la formule célèbre "On ne prouve pas Dieu, on l'éprouve", on ne prouve pas les guides des multiples rendez-vous de Guy Faverdin ; ils se "prouvent" eux-mêmes en s'invitant ou en répondant aux invitations pendant les séances de ouija, d'écriture automatique ou de simple prière. Ce sont des entremetteurs du ciel qui nous font des surprises telles Salvador Dali et ses montres molles, Jean de La Fontaine avec une fable inédite, ou Daniel Balavoine. Éclectisme de l'intemporel. Les guides nous apprennent qu'il faut être dans l'offre plus que dans la demande, dans la sincérité et non dans le calcul pour que tout s'ouvre par le haut. Et ainsi éprouver Dieu. Ou le Un. Car le mot Dieu renvoie toujours à une "classification" religieuse. Et donc à une déperdition de la foi pure et désintéressée.

Leurs paroles m'ont remis en mémoire ce proverbe anglais, qui a trait au rugby : Lorsque tu te présenteras devant le grand arbitre -Dieu donc - il ne te demandera pas si tu as gagné ou perdu, il te demandera si tu as bien joué. C'est un peu cela le message des guides. Le Un n'est pas dans le jugement ; mais dans l'écoute de l'effort, dans l'encouragement, dans le fair-play à l'égard de l'autre, avec ses erreurs et ses défauts, dans la main tendue. J'ai glané quelques phrases qui ont fait trébucher mes à priori et embaumé ma lecture : "Chaque personne rencontrée est une épreuve qui te fait avancer et grandir spirituellement". Ou : "Aimer ce n'est pas aimer seulement quand ça nous arrange". Ou encore : "Ne courez pas après le vent, il est plus rapide que vous", "Sans épreuves la raison d'être là est un jardin sans fleurs". Le Un est dans le respect du libre arbitre. Si nous n'intégrons pas cela nous perdurons dans l'erreur et le quiproquo. Les guides apportent des réponses aux phénomènes qui nous occupent ou nous préoccupent, sur la violence de notre société, et vont jusqu'au cas par cas des joies et des douleurs.

Ce livre tire vers le haut. Quelle meilleure définition peut-on donner d'un livre tel que celui-ci qui traite de Spiritualité ?